1949-1966

 

 

 

 

 

 

1949 à 1961 : Alain Le Govic apprend le piano classique

Alain Chamfort, de son vrai nom Alain Le Govic, est né le 2 mars 1949 à Paris d’Yvonne Escabasse et de Denis Le Govic, trois ans après sa sœur aînée Geneviève. La famille Le Govic habite Clichy (92) dans un petit 2 pièces d’un premier étage sur cour. A trois ans, ses parents l’inscrivent avec sa sœur dans un cours communal de danse rythmique et de piano. Malgré son jeune âge, Alain se souvient très bien du piano droit dans l’appartement : il se trouvait contre le mur du salon à côté de la fenêtre ! A 3 ans et demi Alain compte déjà 5 leçons de piano à son actif. Pendant l’été 1952, la famille Le Govic déménage à Eaubonne dans le Val d’Oise (95) et s’installe dans un pavillon mitoyen de 4 pièces. Les enfants Le Govic sont inscrits à l’école de musique d’Enghien-les-Bains. Alain prend des cours de piano avec un professeur dans une des salles du célèbre Casino de la ville. A 5 ans, il donne son premier concert. A la fin de chaque année, Alain passe une audition dans la salle des fêtes d’Enghien devant les parents d’élèves réunis : c’est sonorisé, il y a des micros, des éclairages et les enfants sont habillés en costume !

Vers l’âge de 7/8 ans, Alain continue de se montrer très doué : il possède d’énormes facilités. On lui fait passer des concours officiels à la salle Gaveau. Chaque année il décroche le concours Nérini. En 1957, 1958 et 1959 les prestations d’Alain Le Govic lors de ces concours sont enregistrées et des disques monoface (en exemplaire unique à chaque fois) sont fabriqués pour la famille. C’est donc à l’âge de 8 ans, en 1957, qu’Alain Le Govic enregistre son premier disque seul au piano !! Alain étudie Bach, Haydn, Mozart, Beethoven puis les compositeurs romantiques qu’il va préférer tels que Schubert, Schumann, Chopin. Il travaille aussi Grieg ou Rachmaninov. A l’adolescence il commence à préparer le concours d’entrée au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris, mais va finalement y renoncer.

1962 : 1er groupe de jazz - Les Dreamer’s

Au collège Alain a un ami, Patrice, dont le père est un ex-batteur de jazz amateur et possède beaucoup de disques de jazz. Avec son ami Patrice, Alain commence donc à jouer du jazz et un peu de rock’n’roll. Ils décident de monter leur premier groupe Les Dreamer’s. Le groupe se compose de trois musiciens : Alain (au piano), Patrice (à la batterie) et un autre copain guitariste qui possède un ampli ! Leur répertoire est exclusivement instrumental. Ils jouent le dimanche après-midi à la MJC ou dans les bars d’Enghien et de la région. Chaque soir, à la sortie des cours, Alain écoute l’émission ‘Salut les Copains’, à 17 heures sur Europe 1, animée par Daniel Filipacchi. Il y découvre tous les disques de rock’n’roll. Mais le premier choc musical d’Alain sera Ray Charles. Alain remarque que sur les disques qu’il achète et sur ceux qu’il écoute à la radio, on entend beaucoup plus de l’orgue que du piano ! Pour ses 13 ans, son père lui achète un orgue ‘Honner’ chez Paul Beuscher, avec une petite sono incorporée pour l’amplifier, une chambre d’écho et un micro que l’on peut brancher pour chanter en même temps !

1963 : 2ème groupe de rock’n’roll - Les Shaker’s

Alain possède maintenant un orgue et çà tombe bien car un groupe de Houilles (Yvelines) cherche un organiste : Alain est engagé. Ce groupe s’appelle Les Shaker’s. Il y a un bassiste, un batteur, un guitariste et Alain à l’orgue. Tous les samedis, Alain met l’orgue dans la voiture de son père qui le conduit à Houilles où il répète dans la maison du bassiste. Leur répertoire est toujours exclusivement instrumental. Les Shaker’s jouent du rock’n’roll : Eddie Cochran, Les Shadows….
Ils s’inscrivent à un concours de rock au Blanc-Mesnil (Seine-Saint-Denis) animé par Albert Raisner et gagnent. Après la distribution des prix, le jeune Le Govic est abordé par un groupe concurrent connu dans la région d’Argenteuil (95), Les Murator’s : il est engagé.

1964 : 3ème groupe de rock’n’roll - Les Murator’s

Les Murator’s sont cinq désormais : un bassiste, deux guitaristes, un batteur (Alain Truffaut) et un organiste(Alain Le Govic). Tous les dimanches, ils louent le premier étage d’un magasin de meubles qui sert d’entrepôt, ‘La Porte St-Germain’ à Argenteuil (Val d’Oise), et jouent de 15h00 à 19h00 le répertoire du moment : The Beatles, The Rolling Stones, The Animals, The Kinks, The Who, The Them, The Yardbirds ….ainsi que les yé-yé.

 

Le groupe possède une sono, quelques éclairages et le public danse ! Alain a alors 15 ans et pendant les vacances Les Murator’s partent en tournée et jouent dans les bals et les salles des fêtes. De temps en temps, ils jouent le samedi soir au Golf Drouot d’Henri Leproux ou à La Locomotive. Alain commence un peu à chanter en faisant des chœurs, des doubles voix et même une ou deux chansons en solo. Une fille prénommée Josiane est aussi chanteuse au sein des Murator’s. Sous le nom de scène de Séverine, elle sera la gagnante du concours de l’Eurovision en 1971 en représentant Monaco avec la chanson ‘Un banc, un arbre, une rue’

 

 

1965 : Alain chanteur du groupe de rythm’n’blues- Les Mods

L’été 1965 Alain a 16 ans. Avec ses premiers cachets il part à Londres avec Alain Truffaut (le batteur des Murator’s). Le soir ils se rendent au Marquee’s Club où se produisent The Alan Price Set et pour la première fois Alain assiste à une performance de Jimmy Hendrix. Ils y découvrent aussi le rythm’n’blues. A leur retour sur Paris, ils souhaitent élargir et transformer Les Murator’s en ajoutant une section de cuivres mais les autres membres du groupe ne sont pas d’accord : c’est la rupture ! Les deux ‘Alain’ quittent alors Les Murator’s et montent un nouveau groupe en ajoutant deux saxophones et une trompette. Il y a aussi un bassiste, et un guitariste, Jean-Pierre Alarcen. Ils sont donc sept avec Alain Truffaut (à la batterie) et Alain Le Govic (à l’orgue). Le groupe est baptisé Les Mods et Alain Le Govic est intronisé leader.

 

 

1966 : 1er disque pour Les Mods

Cette fois, Alain Le Govic commence à chanter. Les Mods reprennent tout le répertoire rythm’n’blues : Otis Redding, James Brown, Wilson Pickett, Sam & Dave…..Ils animent pas mal de soirées et jouent à La Locomotive et au Golf Drouot. Alain Le Govic écrit ses premières compositions et Alain Truffaut ses premiers textes.

Un soir au Golf Drouot, un certain Lefèvre, directeur artistique des disques Vogue, leur propose d’enregistrer un disque. Le premier 45 tours des Mods sort juste avant l’été 1966. Les quatre chansons sont composées par Alain Le Govic et écrites par Alain Truffaut. En face A ‘Je veux partir’ et ‘Ce n’est pas la peine’. En face B ‘C’est bien ainsi’ et ‘Je meurs d’ennui’. Les trois premiers titres sont chantés par Alain Le Govic et le quatrième par Alain Truffaut (sur ce titre, Alain fait un petit solo à l’orgue). Les disques Vogue sortent également un 45 tours deux titres dans la série ‘Fashion’ avec en face A ‘Je veux partir’ et en face B ‘C’est bien ainsi’. La pochette présente une photo différente du super 45 tours. Au même moment, est commercialisé le premier super 45 tours de Jacques Dutronc. Il comporte les titres suivants ‘Et moi, et moi, et moi’, ‘J’ai mis un tigre dans ma guitare’, ‘Mini-mini-mini’, ‘Les gens sont fous, les temps sont flous’.

Le titre ‘Je veux partir’ des Mods ne marche pas du tout alors que ‘Et moi, et moi et moi’ fait un tabac.

Les Mods font un peu de promo et se retrouvent à Cannes sans un sou. La maison de disques Vogue leur propose alors d’aller rejoindre Jacques Dutronc à Aix-les-Bains pour faire une télé.(c’est l’été 1966 et le groupe de Dutronc, qui a enregistré le premier disque, est indisponible pour assurer la promo avec lui). Il décide d’engager Les Mods pour l’accompagner afin d’assurer les émissions de télé et de radios importantes du moment.

A la fin de l’été, Dutronc reprend ses musiciens de studio mais demande à Alain Le Govic et Jean-Pierre Alarcen de rester avec lui.

Les Mods sortent un deuxième 45 tours composé de quatre titres instrumentaux. En face A ‘In the wind’ (composé par Alain Le Govic, il est au piano) et ‘Do lord’ (de Buckner avec Alain également au piano). En face B ‘Free jerk’ (composé par Alain, il joue de l’orgue) et ‘Mods theme’ (composé par Alain, il est au piano et à l’orgue).

A l’automne 1966 Les Mods font quelques galas et décident de se séparer.

Le 12 septembre, Jacques Dutronc (accompagné par ses musiciens) est à l’Olympia en co-vedette pour un Musicorama. En octobre, Dutronc et ses musiciens entrent en studio où ils enregistrent huit titres. Adi Kalafate à la basse (qui partira à l’armée durant un an et réapparaîtra à l’automne 1967) sera remplacé par Christian Padovan (bassiste). Il y a aussi Michel Pelay (à la batterie), Gérald Kawczynski (à la guitare), Jean-Pierre Alarcen (également à la guitare) et bien sûr Alain Le Govic (à l’orgue).

Alain s’est acheté un orgue plus sophistiqué pour accompagner Jacques Dutronc.

A l’automne 1966 sort le deuxième 45 tours de Jacques Dutronc chez Vogue (EPL 8497) avec ‘Les plays-boys’, ‘Sur une nappe de restaurant’, ‘On nous cache tout, on nous dit rien’, ‘La fille du Père-Noël’. Les plays-boys’ marche très fort : c’est d’ailleurs à la fin de cette chanson que l’on entend Alain Le Govic jouer les petites notes jazzy très connues au piano. Le 9 octobre : ils se produisent au Golf Drouot. Le 16 novembre : à La Locomotive pour l’enregistrement de l’émission de télé ‘A tout vent’. Début décembre : ils sont à l’Olympia pour un musicorama spécial ‘L’épopée du rock’ où ils partagent l’affiche avec Eddy Mitchell, Les Moody Blues….

En novembre 1966 : c’est la sortie du 1er album de Jacques Dutronc (il ne comporte pas de titre). Il contient 12 morceaux : les 8 chansons des deux premiers E.P. (45 tours quatre titres) plus 4 nouvelles chansons. Tous les titres sont composés par Jacques Dutronc et écrits par Jacques Lanzmann : `Les plays-boys’, ‘L’espace d’une fille’, ‘Sur une nappe de restaurant’, ‘J’ai mis un tigre dans ma guitare’, ‘Les cactus’, ‘Et moi, et moi, et moi’, ‘L’opération’, ‘On nous cache tout, on nous dit rien’, ‘La fille du Père Noël’, ‘Les gens sont fous, les temps sont flous’, ‘La compapadé’, ‘Mini-mini-mini’.

Les deux photos couleur recto/verso de la couverture de la pochette sont de Jean-Marie Périer. Quant aux quatre photos noir et blanc qui se trouvent à l’intérieur de la pochette ouvrante, elles sont de Bernard Le Loup. Sur l’une d’entre elles, on peut y voir debout et cravaté Alain Le Govic en studio aux côtés de Jacques Dutronc et Zouzou.

 

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