• En début d'année on t'a vu dans : Les jeux des nuages et de la pluie. C'était, il me semble, une première expérience dans les long métrages. Assez récemment, sur internet il se disait que tu participais au tournage d'un autre film avec Emma de Caunes. Qu'est ce qui t'intéresse dans le cinéma ?

 Le film s'appelle Ker Salloux, j'y joue le rôle du père décédé d'Emma de Caunes. Cela se passe le temps d'un week-end. C'est un rôle basé sur le flash-back. C'est un petit rôle mais un rôle intéressant dans l'histoire.

Une agence m'a proposé de me représenter en tant que comédien, si des rôles me sont proposés j'ai maintenant un coach qui me préparera. Pour l'instant je reste ouvert, ce n'est pas mon métier, mais si on me contacte pour intervenir sur des petits rôles comme ceux là ou des rôles plus importants j'essaierai d'y répondre positivement.

Le métier de comédien est un métier que je connais moins bien, dans lequel je ne me sens pas forcément à ma place. C'est intéressant de se mettre un peu en danger, ce qui me plaît c'est de connaître des sensations un peu différentes, de repousser mes limites, de voir un peu de quoi je suis capable. Ce sont des choses intéressantes à vivre, surtout si c'est une demande. De moi-même je n'irai jamais me présenter à un casting en prétendant être celui qu'il faut. Si les gens ont envie de faire appel à moi, je trouve que c'est intéressant de faire l'essai.

 
www.facebook.com/pages/Ker-Salloux - Film d'Olivier Jahan

 

  • Lors de la dernière fête des Vendanges de Montmartre, tu as partagé la scène avec Jeanne Cherhal et Ours. Ce n'était pas la première fois que tu chantais en duo avec Jeanne Cherhal. Comment fais tu le choix des artistes qui intégreront ton univers musical ?

 

En ce qui concerne les choix des gens c'est vraiment sur l'instant. Je ne fais pas de brainstorming avec 4 personnes pour décider qui serai le mieux, je fais confiance à mon intuition. Ce ne sont pas des gens que je fréquente régulièrement, mais ce sont des artistes que j'ai croisé à certains moments dans des émissions lorsque je faisais de la promotion. En ce qui concerne Jeanne Cherhal j'avais fait les Victoires de la musique consacrées à Véronique Sanson avec elle, ainsi qu'un duo lors de la Carte blanche laissée à l'orchestre de la Boule Noire il y a quelques années. Il y a eu différents moments où on a eu l'occasion de chanter ensemble. On va le refaire d'ailleurs pour les 50 ans de France Inter qui a lieu prochainement. A cette occasion beaucoup de duos sont en train de se constituer et elle m'a proposé de chanter avec elle. C'est une artiste qui a une écriture personnelle et qui chante bien. Les choses sont simples entre nous, c'est bien quand on se connaît un peu. Cela va plus vite. Elle a un univers personnel qui me correspond.

Ours je n'avais jamais rien fait avec lui. J'avais été le voir à ses débuts à La Maroquinerie. Il est dans un monde un peu parallèle, il est un peu absent, un peu rêveur et en même temps je l'avais vu en première partie de Bernard Lavilliers. Il a une espèce d'aplomb dans son air de ne pas être là, on ne sentait aucun malaise de sa part. Il était heureux d'être là, il dégage ça, c'est très agréable. Il est gentil, il a une voix très particulière, un timbre de voix très voilé. Je l'avais vu en concert il était accompagné par LieutenantNicholson qui était alors son musicien. Ces artistes vivotent de leur métier et continuent leur chemin. Ils sont agréables avec tout le monde. Je n'ai pas plus de raison de les avoir choisi.

 

  • Tu as été l'un des invités d'Alexandre Tharaud à la Cité de la musique, il était un des invité de ton Vivement dimanche. Qu'est ce qui t'intéresse particulièrement dans son univers ?

 

Un jour j'étais au ministère de la culture sur les conseils d'Albin de la Simone pour voir Pierre Lapointe. Pour l'accompagner il y avait Alexandre Tharaud que je ne connaissais pas. Albin me l'a présenté. Il m'a dit qu'il aimait bien ce que je fais et qu'il connaissait mes albums et les appréciait. Cela m'avait un peu surpris qu'un type qui est reconnu surtout pour de la musique de « gens sérieux » connaisse les chanteurs et apprécie leur travail. Albin m'a proposé d'aller le voir en concert au théâtre des Champs Élysées. J'ai trouvé un pianiste très délicat : il a un jeu extrêmement doux ce qui permet de faire ressortir les nuances. Il est entrain de devenir l'un des pianistes les plus apprécié de sa génération en France. Il s'amuse lors de ses concerts à inviter des artistes, notamment lors d'une carte blanche à Grenoble il y a quelque temps à laquelle j'étais invité. Donc lorsque Michel Drucker m'avait demandé si j'avais des gens à présenter dans d'autres domaines que celui dans lequel j'exerce, j'ai pensé à lui. Il a refait une carte blanche à la Cité de la musique, cela fait donc deux fois qu'on fait des échanges. Il est très agréable, très gentil, très talentueux. J'ai interprété lors de ce concert : Sinatra, Palais royal, Malaise en Malaisie et Clara veut la lune.

 

  • Lorsque l'on te voit à la télévision cela peut être aussi bien dans The Voice, que dans Ce soir ou jamais. Deux émissions radicalement différentes, ne drainant pas le même public. Pourquoi ces choix ?

 

Je n'ai jamais aimé les clivages. C'est un peu le résultat de mon parcours puisque j'ai commencé par un répertoire très populaire pour me aller vers quelque chose de plus personnel, cela donne lieu à une possibilité d'apparaître un peu partout. Il y a des gens qui m'aiment pour ce que je faisais avant, d'autres pour ce que je fais aujourd'hui et tout cela couvre un public assez large et des médias très diversifiés. Je trouve qu'il y a un bon public partout, je n'ai pas à être sectaire et à vouloir absolument donner une image qui ne serait pas complète si je n'apparaissais que dans un domaine. C'est agréable d'être apprécié par des gens qui ont des exigences différentes, de pouvoir apparaître auprès de médias dits « intellectuels » et d'être reconnu, tout en apparaissant sans honte dans des médias réputés plus populaires. Le public est capable d'apprécier un travail s'il est le résultat de quelque chose de vrai.

 

  • Actuellement, comment vois tu ta place dans le paysage musical français ? Tu as fait un album de duo avec de jeunes artistes, avec un choix très éclectique dans leur genre musical. Qu'est ce qui te plaît dans ces « mélanges des genres » ?

 

L'album de duo est une proposition qui émanait d'Universal. C'était l'occasion éventuellement de me rapprocher d'une maison de disque et de voir s'il y avait possibilité de collaborer au delà de cet album. Il s'est fait avec un point de vue marketing extrêmement visible parce que c'était leur idée de faire interpréter mes chansons, par une génération plus jeune que moi, pour éventuellement essayer de les diffuser auprès d'un public plus jeune et de bénéficier de réseaux sur lesquels je n'avais plus ma place. J'ai confié la production à des gens que j'ai choisi. J'ai trouvé que c'était une option, il aurait pu y en avoir beaucoup d'autres. J'ai assumé l'album qui est le résultat des gens que j'avais choisi. Les chansons sont ce qu'elles sont, certains les ont trouvé dénaturées, certains « désactualisées ». Mes chansons elles sont déjà faites. Ce qui m'intéresse c'est plus ce qui est à venir que ce qui est passé. C'est une pure démarche de maison de disque à laquelle j'ai donné mon accord mais ce n'est pas quelque chose que j'aurai initié.

 

  • Tu avais partagé la scène pour des concerts à 4 mains dans les années 90, avec Steve Nieve. Aujourd'hui, née une nouvelle collaboration, tu chantes Voué à l'oubli sur son nouvel album : Together . De qui est venu l'idée ? Y-a-t- il d'autres collaborations de ce type à attendre prochainement ? Y-a-t-il de nouvelles compositions pour toi ou pour d'autres à venir l'année prochaine ?

 

Steve ça a été une belle rencontre avec qui j'ai gardé de bonnes relations. Nous avons fait notre parcours ensemble, il fallait aussi que je puisse continuer à évoluer différemment. Après lui j'ai travaillé avec Pierre Lucas et Vincent Brulin, la période avec le groupe (ex au jardin du Luxembourg). Le souhait de revenir à des concerts acoustiques, c'est essentiellement pour avoir accès à des salles plus petites et pour pouvoir se produire plus régulièrement. Il fallait trouver un pianiste de bon niveau. Avec Steve on a fait ce qu'on devait faire. J'ai adoré travailler avec lui car il amène quelque chose de très singulier dans sa façon de travailler et de m'accompagner. Maintenant, cela dénaturait et entraînait les chansons un peu ailleurs, c'était une idée qu'il me plaisait de tester et d'expérimenter. Maintenant il faut revenir à des choses plus traditionnelles pour cela Thierry Eliez est plus dans l'idée du respect de ce qu'était les chansons à l'origine plutôt que de les torturer comme nous le faisions avec Steve Nieve.

Steve a fait un disque où il a souhaité inviter les gens avec lesquels il avait collaboré et je fais parti de ceux là. Il m'a proposé une chanson, j'ai beaucoup aimé la musique et après Muriel Teodori a écrit le texte. Ils étaient très heureux de cette chanson. Je l'ai chanté, j'aimais beaucoup la mélodie et cela m'a fait plaisir que Steve me propose de chanter sur son album. La chanson a été faite comme cela, il n'y a pas de suite de prévue à cette collaboration et il est trop compliqué de prévoir un concert avec tous les participants.

 

Actuellement, je suis rentré dans un processus de maquettes. J’espère que fin décembre j'aurais sélectionné les chansons qui iront sur le prochain album ou enregistrement. A ce moment là, nous essaierons de nous rapprocher d'un label, non encore défini, pour éviter de se retrouver trop indépendant, ce que je ne souhaite pas, mais pas non plus dans une major, ce qui n'est pas non plus mon souhait.

 

Propos recueillis par A. D.

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